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Enquête :
"Lycées / CFA franciliens :
acteurs de coopération décentralisée"




La mission « Coopération » de l’Arene  a fait réaliser, au cours de l’année scolaire 2005/2006 une enquête sur le thème  «Lycées et Centres de formation d’apprentissage franciliens : acteurs de coopération».  Cette étude, « coup de projecteur, réalisée par l’Agence COOP DEC Conseil après consultation et réponses à un appel d’offres, permet d’avoir un regard sur les approches diverses, les expériences multiples et les pratiques engagées dans ces établissements. Un comité de pilotage accompagne, depuis le début de cette opération. Il est constitué, outre la mission « coopération » qui en assure le secrétariat, des trois directions concernées de la Région Ile-de-France : les unités « Lycées », « Développement économique » et « Actions internationales et européennes », et de la chargée de mission « Jeunesse » de Cités-Unies-France.

Vous trouverez ci après des fiches rapides d’identité présentant le contexte de l’étude, les données collectées, les formes d’actions, ainsi que  quelques « bonnes pratiques » et recommandations.


Télécharger l'enquête 213 Ko

Important :
Un document synthétique donnant des indications sur les démarches et principes de la coopération, sur les aides proposées par l’institution régionale, sur les territoires d’actions, sur des conseils ou des lieux où trouver de l’information…   sera  à la disposition de tous les lycées et CFA franciliens en octobre prochain. Et disponible bien sûr sur le site de l’Arene.


Quelques constats… forts
D’un point de vue sémantique, il est à noter que les réponses des établissements ou dévoilent une confusion, voire un conflit entre un sens commun et un sens spécialisé des termes renvoyant à la problématique de la coopération. Les termes sont fréquemment entendus dans leur acceptation courante, voire d’une manière singulièrement extensive. Un « contact » devient facilement un «échange» même lorsqu’il n’y a pas de réciprocité véritable.  La  « coopération »  affichée  fait parfois totalement silence sur le partenaire étranger dont on peut craindre qu’il soit plus le « bénéficiaire » d’une aide qu’un acteur à part entière. Ce manque de familiarité avec le lexique spécifique de la coopération peut être à la source d’incompréhensions et de malentendus.

Les points qui ressortent du dépouillement de ce questionnaire sont :

  Un contenu des projets qui peine à sortir de la générosité.
On remarque toutefois que la propension à engager une relation avec un « partenaire » par l’action de dons et de « chantiers » est plus importante dans les lycées d’enseignement général que dans les établissements d’enseignements professionnels. On note aussi que la proportion significative de projets où une rencontre est organisée autour de la connaissance (formation, transfert de savoir ou production commune d’information) ou de la culture démontre aussi la possibilité de réaliser des projets en dehors de visions simplistes de la relation Nord/Sud.

 

Un tropisme marqué vers l’Afrique de l’Ouest
Sur 144 projets recensés pour les lycées, une première répartition indique des relations avec 34 pays. 87 projets concernent l’Afrique, 19 les pays bordant la Méditerranée, 17 en Asie et 7 sont répertoriés en Amérique Latine. Même constat concernant les CFA.

 

Une faible pluri annualité de la relation
La majorité des projets présentés apparaissent comme ponctuels mais plusieurs établissements réussissent à s’engager sur des projets pluriannuels. Ils concernent par exemple le Cameroun, le Bénin, le Togo, le Mexique. Concernant les CFA, on constate une certaine pérennité dans l’action. Il faut remarquer que l’action internationale, pour ces établissements d’apprentissage, est très souvent considérée comme un outil pédagogique.

 

Un « partenaire » étranger dispersé
On relève un certain isolement des lycées qui ne sont pas en relation avec le milieu de la coopération internationale. Les associations de solidarité internationale semblent ne pas exister. Par ailleurs, le partenaire semble être limité au « récipiendaire de l’aide » ou au « centre d’accueil » des jeunes en stage. La notion de co-responsabilité afférente au terme de « partenaire » n’est pas intégrée par les acteurs rencontrés, laissant apparaître une dissymétrie dans les relations.

 

Volet Urgence : vers une « consommation de l’Humanitaire »
Un tiers des lycées ayant répondu s’est mobilisé sur une action d’urgence. Mais le Tsunami semble avoir oblitéré le reste. L’Algérie a sans doute été oubliée. Ceci peut s’expliquer par le fait que l’action d’urgence est ponctuelle voire « amnésique’ . La dernière urgence chasse la précédente. Cela pose aussi la question de la pertinence de telles mobilisations dans « l’ouverture pérenne au monde ».



Et la pédagogie dans tout ça ...
Cette inscription est floue dans la pédagogie pour les lycées, plus précise pour les CFA.

 

Une différence dans la durée énoncée des projets
La durée énoncée des projets diffère entre les CFA et les lycées traduisant une moindre insertion dans le cursus pédagogique pour ces derniers. Cette différence « au  profit » des CFA paraît vouloir s’expliquer par l’inscription plus étroite dans le processus d’accompagnement et de validation pédagogique des jeunes mobilisés par le projet. L’accompagnement et la validation pédagogique du parcours de l’apprenti se fait dans une durée régulièrement ponctuée et en référence constante à un cahier des charges, à un référentiel métier, à des processus d’évaluation, aux exigences d’un contrôle continu, à un  dossier ou examen de fin d’étude… La question peut alors être posée pour les lycées : comment trouver « un fil rouge » fédérateur de même ordre ?

 

La citoyenneté, particulièrement discrète
Si ce terme de « citoyenneté » n’apparaît qu’une seule fois dans l’ensemble des questionnaires, il est intéressant de noter plusieurs points :

  • La notion d’apprentissage de «  la vie en groupe » pour les lycées est remplacée par celle de « travail en équipe » pour les CFA, terme qui renvoie plus à l’entreprise.

  • L’ouverture au monde, le rapport à l’altérité ne sont pas nécessairement au cœur du projet.

Un certain nombre de termes génériques (solidarité internationale, éducation au développement, ouverture au monde) sont utilisés comme réponse globale. Peu ou pas d’objectifs éducatifs précis, concernant des changements de comportements particuliers, sont énoncés.

On note aussi :

  • Peu d’actions innovantes menées dans l’établissement engagé,
  • De fortes lacunes dans la préparation des équipes, peu de préparation et d’information préalable,
  • Une appropriation par les jeunes peu maîtrisée,
  • Un travail « au retour »très milité
  • Un coût/ budget imprécis.

Quels sont les premiers enseignements que nous pouvons dégager de cette enquête ?

Les réflexions et enseignements de cette étude sont de plusieurs ordres :
  • D’abord une appréhension limitée des enjeux de coopération (place du partenaire, problématique interculturelle, qualification des interventions...),
  • Ensuite, un certain isolement des partenaires institutionnels (Education nationale notamment),
  • Puis, une fragilité des réflexions en termes de retour pédagogique (renforcement des qualifications, développement de la citoyenneté...),
  • Enfin, une relation très limitée et lointaine avec les pratiques du conseil régional.


Cette enquête met alors l’accent sur quelques objectifs permettant de rompre l’isolement des acteurs, d’amener les encadrants à mieux cerner la difficulté de « projets de solidarité », de « projets interculturels » et fluidifier la mise en place des « projets éducatifs » et de renforcer la réflexion autour des notions de « citoyens régionaux et citoyens mondiaux » respectueux des partenaires.

Il ressort quelques propositions comme :

  • Valoriser une nouvelle idée des relations de coopération par la diffusion de « bonnes pratiques »;
  • Diffuser une guide méthodologique ;
  • Proposer une charte régionale de qualité des actions ;
  • Informer et mobiliser les encadrants ;
  • Tisser un réseau de sensibilisation et de formation des jeunes au départ ;
  • Capitaliser les expériences positives pour valoriser ces engagements ;
  • Mobiliser des établissements d’enseignements professionnels dans le cadre des actions de coopération décentralisée de la Région.
  • Assurer une information et une mobilisation des structures professionnelles de la coopération au développement…

 
L’Arene, en lien avec le comité de pilotage, mettra à disposition de l’ensemble des lycées et CFA franciliens, dès le mois d’octobre prochain un Vade-mécum donnant aux « acteurs de coopération » quelques informations nécessaires.

 

Pour en savoir plus :
  Télécharger le document de l'enquête en pdf  256 Ko
  Télécharger l'intervention de Denis Dangaix du 9 mai 2007 en pdf  1,4 Mo





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