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La participation
De nouvelles pratiques au coeur des politiques publiques

D’après le cadre de référence du Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement Durable et de la Mer, la participation de la population et des acteurs est un des 5 éléments déterminant d’une démarche territoriale de développement durable.

Le principe de participation ("tous concernés, tous impliqués, tous acteurs") est constitutif de la notion de développement durable.

 

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 Définition et méthodes

 

Le développement durable rejoint un courant de réflexion autour du concept de "gouvernance locale", principalement nourri par la science politique anglo-saxonne. Ce concept désigne l'articulation entre le pouvoir délégué aux élus et le pouvoir qui reste aux mains de ceux qui ne le sont pas, et que l'on rassemble couramment derrière le terme de "société civile" : associations, communautés (surtout dans l'approche anglo-saxonne), acteurs économiques ou simples citoyens.

 

La dynamique du développement durable rejoint aussi une tendance de fond : celle d'une diffusion progressive de nouvelles pratiques qui tendent à favoriser l'implication des citoyens dans l'élaboration des politiques publiques ou tout du moins dans certains projets (consultations, débats publics...). Cette tendance s'illustre dans les projets locaux (notamment dans les dispositifs successifs de la politique de la ville) comme dans les projets d'intérêt national (grands équipements et infrastructures).

 

Une démarche territoriale de développement durable se doit de respecter le principe de participation. La collectivité qui l'initie doit donc travailler à l'animation permanente de son territoire au travers de dispositifs d'échange et de concertation entre ses élus, ses techniciens, les citoyens et l'ensemble des acteurs socio-économiques.

 

Il n'existe pas de méthode générique pour associer les acteurs, et un processus de concertation peut combiner une multitude d'initiatives en fonction des objectifs poursuivis. Chaque initiative se caractérise par le type de public ciblé (acteurs économiques, représentants associatifs, "simples" citoyens, public volontaire, élu ou désigné...) et le degré d'implication sollicité : information, consultation, concertation, participation.

 

Typologie de l'implication du public dans une démarche de concertation

Les quatre degrés classiques d'implication du public se complètent :

 

Circulation de l'information et sensibilisation au développement durable
"Informer, c'est mettre au courant d'un certain nombre de faits ou d'intentions". En dehors des dispositions légales concernant le droit à l'information des citoyens (droit d'accès aux documents administratifs, droit à la publicité et à la publication des débats et des décisions...), le pouvoir local a une grande latitude pour choisir le contenu des informations qu'il transmet aux habitants et surtout le moment où il les transmet. Une telle capacité est d'ailleurs inhérente à la nature du pouvoir...

 

Le fait d'informer n'est pas une relation à sens unique, mais constitue déjà une sorte d'échange. L'informateur se doit en effet de bien connaître le public auquel il souhaite s'adresser pour mieux cibler son message.

 

Un message comme celui du développement durable, dont l'ambition est d'être diffusé le plus largement possible, se doit d'être décliné à des degrés de simplification différents, sur des supports adaptés, pour toucher le grand public. Tout le monde ne peut s'approprier les phrases générales et souvent fastidieuses de la Déclaration de Rio...

 

Consultation
Une action de consultation vise à recueillir l'avis de tout ou partie des citoyens d'un territoire. Le citoyen ne participe pas à la décision, il éclaire le décideur dans sa prise de position.

 

On peut rapprocher la consultation de la notion d'"information ascendante", c'est-à-dire celle que les citoyens émettent à destination du pouvoir. La consultation est un recueil organisé d'informations ascendantes, qu'il s'agisse d'une obligation légale (enquêtes publiques) ou facultative (référendum d'initiative municipale, questionnaire d'enquête).

 


 
Concertation
On peut la définir de façon générale comme une implication fondée sur le travail en commun des élus, des techniciens et des habitants du territoire sur un projet public, selon une procédure collective préalable à la décision.

 

Si la consultation est une démarche ponctuelle ou sporadique, la concertation suppose bien évidemment un contact régulier entre les acteurs. La réunion, au sens physique du terme, reste l'instrument privilégié de la concertation.

 


Participation
Le terme de participation est ici restrictif, puisqu'il désigne un véritable "partage du pouvoir", ou tout du moins une "co-décision" sur les principales options du projet en question.

 

La loi française, en l'occurrence celle du 6 février 1992 (loi n°92-125 relative à l'administration territoriale de la République), rappelle que toute forme de concertation "octroyée" (conseils de quartiers, comités consultatifs communaux, conseils d'anciens ou de jeunes...) ne saurait aller à l'encontre du principe représentatif de la démocratie locale, et du pouvoir (ou devoir) de vote des élus locaux.
Une démarche participative au sens fort du terme ne peut donc qu'être fondée sur une relation de confiance entre élus et citoyens impliqués, sur un contrat tacite qui laisse un projet relativement ouvert aux propositions alternatives ou complémentaires.

QUELQUES RÈGLES À RESPECTER

Faute de méthodologie "tout terrain", il existe quelques règles simples qui peuvent favoriser le succès d'une démarche de concertation :

 

• Participer à une concertation ou à un débat public, cela veut dire avant tout que l'on évite les préjugés pour écouter et se forger une opinion avant d'argumenter.


La concertation doit intervenir très en amont de la décision : elle porte donc aussi sur des questions d'opportunité et sur l'analyse des besoins auxquels le projet en cause cherche à répondre.


Elle repose sur la transparence : disponibilité et accessibilité des dossiers techniques notamment.


Elle n'est pas la recherche du consensus à tout prix ; toutes les opinions sont examinées, mais il ne sera pas forcément donné suite à toutes les demandes exprimées.

 

Le porteur du projet, le pilote de la concertation doivent répondre aux questions et rendre compte des suites données aux discussions.

 

Elle n'est pas une co-décision : le maître d'ouvrage, l'autorité publique exercent leur responsabilité en prenant ensuite leur décision en toute connaissance de cause.

 

La concertation n'est pas une démarche à éclipses mais une demande continue qui accompagne le projet tout au long de son élaboration, jusqu'à sa réalisation.

 

La Charte de la concertation, élaborée en 1996 à l'initiative du Ministère chargé de l'environnement, rappelle aussi quelques grands principes.

RESSOURCES

Juillet 2002 - Livret 12 pages

 

La concertation : outils et pratiques dans les projets de territoire
Compte-rendu de la journée technique du 9 octobre 2003
Octobre 2003 - 56 pages

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 03/09/2010