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Les livraisons en ville :
enjeux environnementaux et leviers pour agir

  

Eléments de cadrage

    Les recommandations du Plan de Déplacements Urbains (PDU), modifiées par la loi sur l’air du 30/12/96, ont pour objectif de mieux maîtriser les déplacements afin de restreindre l’usage des véhicules. Le domaine des livraisons, et plus généralement la logistique du transport de marchandises, est donc particulièrement concerné.

    Le transport routier, largement prédominant, est en situation de quasi monopole en ce qui concerne les courtes et moyennes distances. Pour des raisons économiques et techniques, la majorité des livraisons continue d’être effectuée par des véhicules gros porteurs, malgré les limites imposées à la circulation et au stationnement par un nombre croissant de municipalités.

    Les recommandations du PDU incitent donc à reporter ces déplacements de marchandises sur des moyens de transport moins polluants, véhicules propres, acheminement ferroviaire ou fluvial…


I. Constat

    D’une manière générale, lorsque l’on considère le transport de marchandises urbain, on englobe les petits colis, les convois exceptionnels, les livraisons express, l’auto-approvisionnement des artisans ou l’évacuation des déchets… L’idée que le transport de marchandises évoque implicitement un transport pour le compte d’autrui est fausse puisque 2/3 à 3/4 des mouvements sont assurés directement par le destinataire ou l’expéditeur.

    Si un transporteur professionnel cherche à optimiser ses tournées et le remplissage de ses camions, un commerçant ou un artisan s’approvisionnera aux endroits les moins chers, même si cela implique des déplacements plus longs.

    La difficulté de compréhension du transport de marchandises réside dans la multiplicité de comportements selon les transporteurs. Pourtant, cette diversité de déplacement répond à un même constat, tout secteur d’activité confondu : il revient moins cher de transporter que de stocker.

    Contrairement à une idée reçue, les 2/3 des mouvements sont assurés par des véhicules légers (PTAC < 3,5 T). Or les réglementations spécifiques s’appliquent au-dessus de 3,5 T. Pour gérer le transport, il est nécessaire d’établir une réglementation applicable, simple et sans ambiguïté.

    La nécessité de gérer les transports de marchandises s’exprime également en termes d’enjeux environnementaux puisqu’ils occasionnent 40 % à 60 % de la pollution, notamment par le biais des particules, la quasi totalité de ces véhicules utilitaires étant des diesels.


II. Des leviers pour agir

    Les professionnels sont sensibilisés à cette problématique, mais sont confrontés au problème du maintien des plates-formes en Ile-de-France. Toute opération de transport, sauf quand elle relie un embranchement ferroviaire à un autre ou un port fluvial à un autre, commence par la route et finit par la route. En Ile-de-France, pour des distances inférieures à 150 kms, il est normal que 80 % des échanges soient assurés par la route. Par contre, pour réduire les problèmes de pollution et de congestion du trafic, il est préférable de faire des tournées extrêmement concentrées et proches des points de livraison. Pour fluidifier le trafic et résorber le stationnement en double file, il est également nécessaire de prévoir des sites d’accueil de livraison pour tous les commerces et de faire mieux respecter les places réservées " livraison ", souvent occupées par des particuliers.

    Des expériences sont menées en matière de livraison de marchandises afin de mieux gérer les déplacements générés. En Hollande, un système de licence de distribution urbaine permet aux transporteurs respectant un certain cahier des charges (taux de remplissage, nombre de points livrés par tournée) de bénéficier d’horaires élargis. A Monaco, la collectivité publique a organisé un service public de distribution urbaine de marchandises. Les transporteurs extérieurs déchargent leur frêt sur une plate-forme et le concessionnaire effectue les livraisons finales dans la ville.

    La technologie permettra de plus en plus d’équiper les véhicules de transport de marchandises en " énergies propres " et de limiter ainsi les émissions de polluants.


III. Conclusion

    La problématique des livraisons doit être abordée dans son ensemble, en considérant la logique et les impératifs de chacun pour apporter une réponse adéquate.

    La législation doit également évoluer pour être applicable. Pour le moment, le transport de marchandises dépend de quatre codes non harmonisés : le code de la route, celui du commerce, celui du travail et celui des collectivités locales.






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